Cette troisième partie va s’attarder un peu sur les détails. Nous avons vu les couleurs, l’assortiment, rentrons maintenant dans la fabrication, la qualité, et le détail.

L’offre actuelle est comme on l’a vu pléthorique, et toutes les boutiques qui proposent une pièce au même prix ne se valent pas. Nous connaissons des boutiques vendant des costumes à 300€ de meilleure qualité que d’autres les proposant à 1000€.

La confection

Nous pensons que choisir un costume, c’est faire avant tout le choix d’une coupe précise, mais sans jamais négliger sur la qualité. La première pierre angulaire d’un costume de qualité, c’est ce qu’on appelle  l’entoilage.

L’entoilage traditionnel, c’est à dire le plus luxueux, le plus qualitatif, et entièrement réalisé à la main, est une méthode consistant à glisser une couche de toile épaisse afin de donner du corps au costume, et que celui-ci épouse notre silhouette. Dans le cas d’un costume entoilé, l’intérieur du costume ressemble à peu près à ceci

#photos

Sur la première photo, on distingue le plastron. Celui ci est généralement en crin de cheval ou toile de lin, comme sur la seconde photo. Tissus très résistants et rigides, ils sont cousus à la structure par de nombreux points. On trouvera aussi des plastrons flottants, notamment sur les costumes d’été, beaucoup plus souples. Cette fabrication a l’avantage d’offrir une durabilité exceptionnelle, car on pourra rafraîchir l’intérieur du costume afin de lui donner une seconde vie, ainsi qu’un troisième, etc. Et ce assez facilement, car à l’inverse du thermocollé, tout ce qui est cousu peut être décousu assez facilement, ce qui n’est pas le cas avec le thermocollage.

Le thermocollage, c’est globalement répéter la même opération, mais en collant. On prend une même toile intérieure, mais on va y appliquer une colle ou une résine afin de solidariser le plastron à la structure. (comme tous les autres endroits, c’est à dire le col, l’épaulage, les poches par exemple) Cette opération a l’avantage d’être rapide, pratique et peu coûteuse.

 

On remarque que seuls les bords sont cousus, le reste de la toile (synthétique ici) est collée au tissu.

On trouvera sur le marché des costumes thermocollés dans les alentours de 0-1300€ maximum. Proposer un costume thermocollé au dessus de ce prix (qui est déjà bien élevé) ne relève pas d’une bonne affaire. On rehaussera notre budget de 2-300€ pour

Pour reconnaître l’un de l’autre, une astuce assez simple consiste à premièrement, frotter le tissu de la manche entre le pouce et l’index, sans prendre la doublure. Cette partie n’a pas de structure, le tissu est seul et n’est pas solidarisé avec la doublure. Ensuite, on répétera la même opération sur le plastron, au niveau des pectoraux. Dans le cas d’un thermocollé, on remarquera que le tissu est bien plus épais. Si l’on pince le tissu en maintenant les autres couches intérieures, on entendra un bruit de déchirement, celui de la colle.  Alors que dans le cas d’un entoilé, le tissu de ces deux zones paraîtra égal. On pourra donc distinguer le tissu de l’entoilage intérieur.

Portés, l’entoilé aura un tombé plus bien naturel. Les plissures seront plus fluides (on notera au passage que les plus au niveau du bouton sont tout à fait normaux). Le thermocollé aura tendance à marquer les plissures, et l’usage, à cause de l’humidité et de la transpiration, fera apparaître un effet perlé. La colle/résine aura gonflé par endroits, créant des bulles sous le tissu. Quasiment rien n’est rattrapable car on endommagerait le tissu. Il n’apportera pas beaucoup de fluidité (dans le cas d’un mauvais thermocollage, car il en existe de bons), la coupe étant quasiment figée à cause de la rigidité des toiles intérieures utilisées.

Le Tissu

C’est la première composante, celle qui nous attire en tout premier lieu dans notre choix. Bien choisir un costume, c’est savoir reconnaître un bon tissu d’un mauvais. Voilà quelques pistes:

La fluidité. La laine est en général un tissu souple, on doit donc retrouver une souplesse, aucune “bouloche”. Elle doit refléter la lumière de manière discrète mais perceptible afin de l’embellir. Tous les tissus ne sont pas brillants, il convient de savoir devant quel tissage on se trouve (on y viendra plus tard) Par ailleurs, on notera que le plus grand avantage d’une laine de qualité est qu’elle ne froisse pas quand on la porte, ou difficilement, à l’inverse du coton, qui sera à privilégier l’été.

– La finition. Toujours regarder les ourlets. Dans le cas d’un costume de qualité, on trouvera souvent un cousu triangulaire entre la doublure et l’ourlet.

Dans le cas d’une pièce de moins bonne confection, on trouvera une couture plus solide, parce que les finitions intérieures sont de moins bonne qualité. En effet, le tissage n’est pas scellé, et si l’on avait pas ce type de couture, la construction s’effilocherait rapidement. Le tombé sera également plus fluide.

-La fibre. Plus précisément, la longueur de celle-ci. En effet, plus la fibre est longue, plus la qualité augmente. Pour la laine, on la mesure en micron. On trouvera souvent certaines appellations chiffrées, type “Super 100”. Plus ce nombre augmente, plus la fibre est fine, donc de qualité. Evidemment, elle sera bien plus chère. Les prix seront d’environ 2000€ pour une laine en Super 180, et cela ira crescendo. Pour le coton, il en sera de même. Il faut retenir que plus la fibre est longue, plus elle est simple à transformer, à tisser donc. Le coton égyptien est de grande qualité, avec une des fibres les plus longues (3.5cm en moyenne)

Les tissages

Ils n’influent pas sur la qualité directement, mais il reste de bon aloi de savoir lequel choisir. Tout d’abord, il y atrois armures: c’est à dire autant de moyens d’entrecroiser les fils (trame et chaîne)
La toile: l’un horizontal passe en dessous de l’autre, vertical.

 

La serge (twill en anglais)

Le satin:

 

On créera à partir d’elles tous types d’autres tissus, la gabardine, twill plus fin et déperlant, le zéphyr à partir de la toile, ou encore le moleskine, la popeline, très courante pour les chemises. Il serait long et fastidieux d’être exhaustif en ce qui concerne les tissus, voici donc une explication des plus courants.

Le twill

Chaud et lourd (ou très frais si peu serré,on y fera attention), on le choisira plus particulièrement l’hiver. Il offre douceur et souplesse, et ne froisse pas. Peu différente, la gabardine, surtout utilisée avec le coton et pour lestrenchcoats, offre imperméabilité et légèreté.La flanelle est également très utilisée et très agréable en hiver. C’est un tissage de laine qui donne un effet assez rustique et très duveteux.

Première Partie
Choisir un Costume, Seconde Partie

Cette troisième partie va s’attarder un peu sur les détails. Nous avons vu les couleurs, l’assortiment, rentrons maintenant dans la fabrication, la qualité, et le détail.

L’offre actuelle est comme on l’a vu pléthorique, et toutes les boutiques qui proposent une pièce au même prix ne se valent pas. Nous connaissons des boutiques vendant des costumes à 300€ de meilleure qualité que d’autres les proposant à 1000€.

La confection

Nous pensons que choisir un costume, c’est faire avant tout le choix d’une coupe précise, mais sans jamais négliger sur la qualité. La première pierre angulaire d’un costume de qualité, c’est ce qu’on appelle  l’entoilage.

L’entoilage traditionnel, c’est à dire le plus luxueux, le plus qualitatif, et entièrement réalisé à la main, est une méthode consistant à glisser une couche de toile épaisse afin de donner du corps au costume, et que celui-ci épouse notre silhouette. Dans le cas d’un costume entoilé, l’intérieur du costume ressemble à peu près à ceci

Sur la première photo, on distingue le plastron. Celui ci est généralement en crin de cheval ou toile de lin, comme sur la seconde photo. Tissus très résistants et rigides, ils sont cousus à la structure par de nombreux points. On trouvera aussi des plastrons flottants, notamment sur les costumes d’été, beaucoup plus souples. Cette fabrication a l’avantage d’offrir une durabilité exceptionnelle, car on pourra rafraîchir l’intérieur du costume afin de lui donner une seconde vie, ainsi qu’un troisième, etc. Et ce assez facilement, car à l’inverse du thermocollé, tout ce qui est cousu peut être décousu assez facilement, ce qui n’est pas le cas avec le thermocollage.

Le thermocollage, c’est globalement répéter la même opération, mais en collant. On prend une même toile intérieure, mais on va y appliquer une colle ou une résine afin de solidariser le plastron à la structure. (comme tous les autres endroits, c’est à dire le col, l’épaulage, les poches par exemple) Cette opération a l’avantage d’être rapide, pratique et peu coûteuse.

 

On remarque que seuls les bords sont cousus, le reste de la toile (synthétique ici) est collée au tissu.

On trouvera sur le marché des costumes thermocollés dans les alentours de 0-1300€ maximum. Proposer un costume thermocollé au dessus de ce prix (qui est déjà bien élevé) ne relève pas d’une bonne affaire. On rehaussera notre budget de 2-300€ pour s’offrir un entoilage digne de ce nom.

Pour reconnaître l’un de l’autre, une astuce assez simple consiste à premièrement, frotter le tissu de la manche entre le pouce et l’index, sans prendre la doublure. Cette partie n’a pas de structure, le tissu est seul et n’est pas solidarisé avec la doublure. Ensuite, on répétera la même opération sur le plastron, au niveau des pectoraux. Dans le cas d’un thermocollé, on remarquera que le tissu est bien plus épais. Si l’on pince le tissu en maintenant les autres couches intérieures, on entendra un bruit de déchirement, celui de la colle.  Alors que dans le cas d’un entoilé, le tissu de ces deux zones paraîtra égal. On pourra donc distinguer le tissu de l’entoilage intérieur.

Portés, l’entoilé aura un tombé plus bien naturel. Les plissures seront plus fluides (on notera au passage que les plus au niveau du bouton sont tout à fait normaux). Le thermocollé aura tendance à marquer les plissures, et l’usage, à cause de l’humidité et de la transpiration, fera apparaître un effet perlé. La colle/résine aura gonflé par endroits, créant des bulles sous le tissu. Quasiment rien n’est rattrapable car on endommagerait le tissu. Il n’apportera pas beaucoup de fluidité (dans le cas d’un mauvais thermocollage, car il en existe de bons), la coupe étant quasiment figée à cause de la rigidité des toiles intérieures utilisées.

Le Tissu

C’est la première composante, celle qui nous attire en tout premier lieu dans notre choix. Bien choisir un costume, c’est savoir reconnaître un bon tissu d’un mauvais. Voilà quelques pistes:

La fluidité. La laine est en général un tissu souple, on doit donc retrouver une souplesse, aucune “bouloche”. Elle doit refléter la lumière de manière discrète mais perceptible afin de l’embellir. Tous les tissus ne sont pas brillants, il convient de savoir devant quel tissage on se trouve (on y viendra plus tard) Par ailleurs, on notera que le plus grand avantage d’une laine de qualité est qu’elle ne froisse pas quand on la porte, ou difficilement, à l’inverse du coton, qui sera à privilégier l’été.

– La finition. Toujours regarder les ourlets. Dans le cas d’un costume de qualité, on trouvera souvent un cousu triangulaire entre la doublure et l’ourlet.

Dans le cas d’une pièce de moins bonne confection, on trouvera une couture plus solide, parce que les finitions intérieures sont de moins bonne qualité. En effet, le tissage n’est pas scellé, et si l’on avait pas ce type de couture, la construction s’effilocherait rapidement. Le tombé sera également plus fluide.

-La fibre. Plus précisément, la longueur de celle-ci. En effet, plus la fibre est longue, plus la qualité augmente. Pour la laine, on la mesure en micron. On trouvera souvent certaines appellations chiffrées, type “Super 100”. Plus ce nombre augmente, plus la fibre est fine, donc de qualité. Evidemment, elle sera bien plus chère. Les prix seront d’environ 2000€ pour une laine en Super 180, et cela ira crescendo. Pour le coton, il en sera de même. Il faut retenir que plus la fibre est longue, plus elle est simple à transformer, à tisser donc. Le coton égyptien est de grande qualité, avec une des fibres les plus longues (3.5cm en moyenne)

Les tissages

Ils n’influent pas sur la qualité directement, mais il reste de bon aloi de savoir lequel choisir. Tout d’abord, il y atrois armures: c’est à dire autant de moyens d’entrecroiser les fils (trame et chaîne)
La toile: l’un horizontal passe en dessous de l’autre, vertical.

 

La serge (twill en anglais)

Le satin:

On créera à partir d’elles tous types d’autres tissus, la gabardine, twill plus fin et déperlant, le zéphyr à partir de la toile, ou encore le moleskine, la popeline, très courante pour les chemises. Il serait long et fastidieux d’être exhaustif en ce qui concerne les tissus, voici donc une explication des plus courants.

Le twill

a

Chaud et lourd (ou très frais si peu serré,on y fera attention), on le choisira plus particulièrement l’hiver. Il offre douceur et souplesse, et ne froisse pas. Peu différente, la gabardine, surtout utilisée avec le coton et pour lestrenchcoats, offre imperméabilité et légèreté.La flanelle est également très utilisée et très agréable en hiver. C’est un tissage de laine qui donne un effet assez rustique et très duveteux.

 

On trouvera la majorité des costumes restant en armure toile et différents tissages. Le critère de choix est comme on l’a vu la qualité de la laine par la longueur de sa fibre. On restera attentif au grammage (correspond au poids d’un mètre linéaire de tissu. Un tissu léger est à 200g, un lourd (Tweed) aux alentours de 600g par 1.4 mètres) selon la saison.

Cette troisième partie aura normalement comblé l’essentiel et même plus. Choisir un costume reste avant tout un plaisir, j’en ai pris à écrire ce petit guide sur le costume.

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