Après le guide Choisir un costume, penchons-nous sur les souliers.
Choisir une paire de chaussures n’est pas mince affaire. Il convient de savoir distinguer un cuir de qualité, une construction solide, et un style aussi beau que durable. Dans un vaste de choix de marques, maisons, services différents comme la mesure ou le prêt à chausser, trier le bon grain de l’ivraie s’avère être aux yeux du néophyte un chemin de croix.
Petite aide à l’achat de vos prochains souliers.

 

La construction

Attardons nous sur les deux constructions majeures qu’on peut trouver du plus bas de gamme au plus haut. Et comme une vidéo vaut mieux que mille mots (d’autant qu’expliquer un montage en cordonnerie est difficilement faisable avec ceux-ci) voici la vidéo promotionnelle de la maison Crockett&Jones, l’une des références dans le monde du soulier.

Le montage blake consiste à ne mettre que peu de liège en guise de garnissage et à ne pas comporter de trépointe, c’est-à-dire le cousu intérieur entre le cuir de la tige et celui de la semelle, un cousu rapide.

Il est donc assez fragile et isole peu de l’humidité et froid du sol.
Schéma des deux montages :

Le cousu good year est celui qui apporte la plus grande longévité. La solidité de la semelle, de la solidarisation de celle-ci avec la tige (le cuir qui recouvre le haut du pied) et des peausseries utilisées généralement de meilleure qualité, car les fabricants en goodyear hormis  quelques maisons vulgarisant celui-ci (de manière tout à fait louable, Loding ou Markowski par exemple) sont attachés à un choix de peaux de qualité supérieure.

Le goodyear possède absolument tous les avantages, sauf un : aux premiers ports, il se révèle plus ou moins douloureux. Du fait de la solidité de la solidarisation de la tige à la semelle, le soulier sera très rigide et les premiers ports demanderont qu’on «casse le cuir », c’est-à-dire qu’on assouplisse la semelle, qu’on forme le liège sou la première de propreté (la couche de cuir que votre plante touche) afin de le faire à la forme de nos pieds. Cela prend en général une dizaine de ports pour commencer à ressentir du confort une fois chaussé. La douleur reste quatre ou cinq ports quant à elle. Le Blake sera lui, de par sa finesse, beaucoup plus confortable aux premiers ports du fait qu’il y a moins de garnissage et pas de trépointe.

Douleur causée également par un autre facteur sur lequel on ne transigera pas : il faut choisir ses souliers serrés. En effet ceux-ci doivent maintenir le pied. A l’usage, le cuir va quoi qu’il arrive se détendre en largeur (ce qu’on appelle le chaussant, que nous verrons ensuite) et nous gagnerons en confort. Si l’on choisit ses souliers trop grands, alors le cuir aura tendance à plisser large, créera des plis d’aisance disgracieux, et favorisera les ampoules à longue durée. Choisir des chaussures trop grandes n’est jamais un bon choix, car elles ne s’adapteront pas à votre pied. Dans le cas où on les choisit à la taille, alors si l’on accepte un peu de souffrance, elles se révéleront être de vrais chaussons d’intérieur au bout des quelques ports que vous aurez concédés.

On peut cela dit minimiser la douleur en étant attentif à quelques points.

Le chaussant

C’est la mesure de la largeur du pied là où il est le plus large, c’est-à-dire de la bosse du gros orteil à celle du plus petit.

Il est déterminé à l’aide de lettres de D à G en règle générale. Plus on avance dans l’alphabet, plus le chaussant est large, et donc préféré par les pieds forts. On n’hésitera pas à demander au chausseur ou bottier s’il possède une autre forme plus adaptée  pour le même modèle, ce qui est très courant.
On restera également vigilant à la découverte d’une nouvelle maison. On peut chaussuer un F chez l’un et faire un E chez l’autre, et il en va de même pour la pointure.
A ce propos, il convient de parler de tailles anglaises ou américaines selon la nationalité du chausseur. En France, nous fonctionnons avec les tailles anglaises.

Le style

On ne rentrera pas dans la description de tous les types de chaussures, mais distinguons les principaux :

La derby :

 

Carmina

On note la présence de quartier, c’est-à-dire les deux jointures des lacets. C’est un soulier plus facile à chausser et plus confortable au cou-de-pied que la richelieu (ou oxford en anglais):

John Lobb

La richelieu ferme le cou-de-pied. Elle offre un côté plus élégant grâce à une ligne plus lisse et plus épurée.
Variation de la richelieu par sa décoration, au style résolument anglais, la brogue

 

Grenson

Très casual, elles se portent très bien avec un jean, ou de manière plus formelle en dépareillé. Grenson en fait sa spécialité.
En montantes, on trouves les chukkas (ou desert boots, c’est selon)

Crockett&Jones

On choisira une tenue décontractée, veste jean et chukkas font une combinaison passe partout et très élégante.
Et enfin, la chelsea boot, qu’on associera au reste de la même manière :

Septième Largeur

Le cuir

Reconnaître un bon cuir, c’est déjà savoir distinguer les types de cuir. En matière de souliers homme, on restera principalement sur du veau. Il se reconnaît par un côté lisse et dur, avec un grain très fin, qui demande qu’on approche l’œil afin de le distinguer, contrairement à l’agneau, beaucoup plus souple au grain plus gros.

Veau

Grain fin, resseré. On appelle grain l’implantation des poils de la bête. Les différences de traitement font que le grain est plus ou moins évident, notamment en présence d’un cuir gréné, réalisé en tannant plus longtemps la peau afin qu’elle « froisse », ou au marquage à chaud.

L’agneau:

Souple et très léger contrairement au veau plus lourd et rigide, l’agneau est principalement utilisé en maroquinerie et prêt à porter. On trouve cependant quelques modèles de souliers, surtout féminins.

Enfin, on trouvera plus rarement le cuir de poulain, appelé cordovan. C’est très certainement le meilleur cuir utilisé pour les souliers. Il a l’avantage de ne pas marquer les plis, d’être, moyennant de l’huile de coude, très simple d’entretien puisqu’il s’agit simplement de la brosser pour lui rendre son brillant, et offre de surcroît une excellente durée de vie. Il a un aspect brillant mat très soyeux soyeux très élégant. Carmina en fait son fer de lance et a été un des premiers chausseurs européen  à le proposer sur le marché.

La qualité d’un cuir est déterminée par plusieurs critères, dont le premier est très simple: un beau cuir, c’est un cuir uniforme, qui ne présente pas de cicatrices visibles, tâches, ou éventuelles impuretés. Le grain doit êtreuniforme en tout point, ne pas marquer rapidement quand on y presse son pouce, et dans le cas du veau velours (peau retournée) avoir un “poil” solide qui ne se désagrège pas quand il est frotté. Le soin sur les finitions, aux coutures ainsi qu’au traitements post-tannage (vernis, oeillets de lacets par exemple) doivent être parfaites et régulières.

Le tannage est une affaire plus compliquée, sur laquelle on reviendra dans un autre article. On y décrira d’autres cuirs hors de la sphère de la chaussure.

Choisir

Choisir ses chaussures implique de prendre en compte les éléments soulevés. C’est donc premièrement une affaire de chaussant afin de déterminer précisément la largeur du pied pour gagner en confort et avec la bonne pointure. Le choix du cuir rentre en compte tant en terme de style que de confort. Nous recommandons le veau, dont la solidité et la longévité ne sont plus à prouver,       surtout en montage goodyear, qui isole bien mieux du sol qu’un cousu blake (ou rapide selon les appellations) très fin et peu durable de par son montage simple. De plus, le montage goodyear offre la possibilité de ressemeler la paire quand celle-ci arrive en fin de vie. Un avantage à prendre en compte dans le cas de l’achat d’une paire.

Paire qui une fois achetée, devra recevoir le plus grand soin de notre part, c’est-à-dire éviter les ports deux jours de suite, y mettre des embauchoirs, les crémer tous les 5-6 ports et les cirer comme on le souhaite. Une visite chez le cordonnier cinq ou six ports après l’achat pour y faire poser des patins afin d’éviter l’usure de la semelle, et/ou des fers est toujours un investissement d’une trentaine d’euros dont on se remerciera soi-même plus tard.

Pour conclure, le style est affaire de goûts personnels. Les couleurs doivent respecter les principes d’intensité et de contraste, car les souliers ferment la tenue, et sont vus comme la mesure du soin apporté au style. Les souliers s’accordent comme n’importe quelle autre pièce et l’on peut se permettre une touche d’originalité dans le modèle.

Il convient également d’y faire très attention, et surtout, d’y mettre le prix, car une paire de qualité durera une bonne dizaine d’années, voire plus.

Et si vous souhaitez profiter des soldes à venir très prochainement et bénéficier des meilleurs conseils et avantages, ou d’un diagnostic look gratuit, envoyez nous un mail avec une photo de vous !

Leave A Comment

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *